Le témoignage d'une survivante
Hashizume Bun
Madame Hashizume Fumiko, Hashizume Bun de son nom de plume est née à Hiroshima en 1931. A quatorze ans, elle se trouvait à moins d’un kilomètre et demi de l’hypocentre de l’explosion, le 6 août 1945, à 8h15. Gravement blessée, elle a survécu miraculeusement non seulement à ses blessures mais aussi à la famine et aux maladies qui s’ensuivirent. Durant plusieurs décennies, comme la plupart des hibakusha (survivants des bombardements atomique), elle ne parvenait pas à évoquer le sujet, se refusant à se remémorer les événements.
Elle est finalement parvenu à décrire dans un livre l’horreur et les conditions extrêmes de la survie après le bombardement.

Hashizume Bun, quatre ans après le bombardement, à l'intérieur du Genbaku Dôme.
"Avec l’explosion atomique, j’ai vu le fondement de la vie. J’ai vécu dans ma propre chair ce qu’est une explosion atomique. J’ai fait face à diverses souffrances telles que la guerre, la famine, la pauvreté, les maladies et la discrimination. Mais, malgré tout cela, et comme tant d’autres hibakusha, je pensais emporter avec moi dans ma tombe toute cette souffrance retenue au fond de mon cœur, qu’il me semblait impossible de partager avec les autres." (Le jour où le soleil est tombé…, éd. du Cénacle de France)
A 76 ans elle engage désormais toute son énergie pour aller témoigner à travers le monde du drame humain qu’elle et les siens ont vécu. Elle a notamment fait de nombreuses conférences en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon. Son seul souhait étant d’aider à prévenir qu’un tel drame ne se reproduise.

Mémorial de la Paix, Genbaku Dôme (cliché de 1949) Cet ancien Hall Préfectoral de la Promotion Industrielle a été construit en 1915 par l'architecte tchécoslovaque Jan Letzel. Conservé aujourd'hui encore, il a été classé Patrimoine Historique de l'Humanité par l'UNESCO. Il se situait à 160 mètres de l'hypocentre de l'explosion et fait partie des quelques constructions en béton ayant partiellement résisté à l’explosion de la bombe.
Extrait :
"Assise là, je regardais la ville. « Mais qu'a-t-il bien pu se passer ?... » La ville qui était encore là ce matin avait disparue. Aussi loin que je pouvais voir, tout avait été rasé. « Est-ce vraiment la réalité ? » J’ai regardé autour de moi ; il y avait, couchés sur le sol, des êtres humains transformés en masses noires, des gens brûlés sur tout le corps aux plaies qui suintaient, d'autres dont on ne pouvait distinguer s'ils étaient de face ou de dos ou encore des gens dont on ne pouvait dire ni l'âge ni le sexe. Tous, ceux qui erraient et ceux qui étaient couchés à même le sol, avaient l'air de revenants. Ils ressemblaient à des tas de haillons, des paquets de chiffons, silencieux et solitaires. « Ce ne sont pas des êtres humains. Je suis forcément en train de faire un cauchemar.»" (Le jour où le soleil est tombé…, éd. du Cénacle de France)
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